Les démons
Ceux qui envisagent le voyage comme une fuite, font fausse route dès le départ. Un voyage, d’autant plus un voyage en solo, c’est une rencontre, un tête à tête permanent avec soi-même, pour le meilleur et pour le pire.
Nos démons sont en nous, on les embarque avec soi.
Beaucoup de gens pensent que leur problèmes viennent de l’extérieur, du boulot, de la famille, du conjoint… Ils ne sont en fait que des déclencheurs, des indicateurs, des baromètres pointant où en sont nos rapports avec nos démons.
Les miens je les connais bien. On s’est déjà beaucoup bagarrés, torturés, empoignés, décortiqués, insultés, acceptés, tolérés, compris, détestés, rassurés, analysés, apaisés… je les ai embarqués en tout état de cause. J’ai compris depuis un moment qu’ils me faisaient grandir, ils me poussent, parfois violemment, vers une meilleure version de moi-même.
Ce qui est le principal objectif de ma vie. Ce qui lui donne un sens.
Mais quand ils débarquent, quand ils tambourinent à l’intérieur de mon cœur, accélérant son rythme, détrempant mon visage, refermant mon regard, réduisant mon souffle, je suis toujours surprise.
Mais quoi ? Qu’est ce que j’ai fais ? Qu’est ce que vous me voulez ? Putain !
J’ai assez bossé là, foutez moi la paix !
Et là, je me dissocie, il y a la Domi qui va observer cette fille se faire rapetisser par la douleur, une douleur fantôme, qui vient du plus profond de l’enfance. Je la regarde emplie d’incompréhension et de bienveillance, ses démons hurlent, je ne peux rien faire qu’être patiente, observer…
Plus tard, après, ensemble, on trouvera le sens, l’enseignement. Il y en a toujours un. Un virage.
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